C’est quoi la société civile?

L’article de (mon ami) “rr” (que vous avez sûrement lu si vous êtes un burundais qui s’intéresse à l’actualité nationale) et les vives réactions qu’elle a suscité ont réveillé dans ma petite tête cette question, que je me pose depuis longtemps sans vraiment trouver une réponse qui me satisfait… bon jusqu’à aujourd’hui.
Ntimugire ngo je suis ici pour “soutenir” tel ou tel autre parti. Eka da! Uwufise umutwe muto awurinda uruguma!
Je ne viens pas non plus commenter sur les événements de Cibitoke à propos desquels je ne sais presque rien. Je viens juste chercher des éclaircissements qui m’aideront à mieux comprendre, je l’espère, des arguments que je lis ici et là depuis hier.

Alors voilà: quand j’ai lu l’article de Roland du premier coup je me suis dit, ce gars est génial! J’étais d’accord avec lui sur toute la ligne et je n’ai pas hésité à partager l’article sur Facebook avec le commentaire “je cautionne”.
Mais quelques heures plus tard, après avoir lu quelques-unes des réactions à l’article, et après que des amis à moi m’aient demandé comment je peux cautionner “une attaque pareille contre notre société civile”, j’ai commencé à douter de mes capacités de raisonnement et d’appréciation. Hari uwambwiye ngo naguye “mu mutego wiwe (…) wo gushigikira CNDD-FDD no kugwanya opposition na société civile sous forme d’une analyse journalistique/politique”. Alors j’ai décidé relire l’article un peu plus scrupuleusement…

Après cette LOURDE tâche (il est long ton article Roland, très long!), j’ai réalisé que les différentes interventions tournaient autour du rôle, bon, plutôt des actions menées par la société civile.
Je tiens quand-même à signaler que je reste d’accord avec la réflexion de Roland, et surtout là où il dit, à propos de notre société civile:

“Ils souffrent d’une chose: ils ne sont pas neutres, dans le sens de l’absence de soutien implicite ou explicite à l’une des deux idéologies en lutte pour le pouvoir (entre celle du pouvoir et de l’opposition.) Pour la grande majorité d’entre eux, en tout cas, ceux qui ont accès aux médias burundais et qui, semaine après semaines (…) des discours qui s’érigent en “vérités” juste parce que contraires à celui du pouvoir, ou mieux, l’accablent.
Au fond, si elle ne partage pas avec l’opposition la recherche des postes politiques, la société civile burundaise communie, politiquement, avec les opposants politiques dans la lutte contre le parti au pouvoir.”

Si agaseseshwa rumuri!
Je suis aussi d’accord quand il dit que “la société civile devrait être l’arbitre (entre le pouvoir et l’opposition, selon ma compréhension), celle qui conseille, qui appelle à la raison”. C’est cela, en ses mots et d’après ma compréhension, le rôle de la société civile, en attendant que quelqu’un veuille bien me donner son domaine de définition, du moins au Burundi. J’ai même demandé à Google ce qu’est la société civile, et la réponse qu’elle m’a donnée allait également dans ce sens:

“Pour un pays, une nation, la société civile est l’ensemble des acteurs, des associations; des organisations, des mouvements, des lobbies, des groupes d’intérêts, des think tanks, etc., plus ou moins formels, qui ont un caractère non gouvernemental et non lucratif. Elle constitue une forme d’auto-organisation de la société en initiatives citoyennes en dehors du cadre étatique ou commercial. Ses objectifs sont fondés sur l’intérêt général ou collectif dans des domaines variés: sociopolitique, solidaire, humanitaireéthique, juridique, environnemental, scientifique, culturel, etc.” (Source : toupie.org).

Mots clés: “intérêt général ou collectif”.
La première chose que j’ai notée de cette définition est qu’au Burundi, l’expression “société civile” ne couvre qu’un fragment de son sens complet. La société civile ce n’est pas seulement le FOCODE, l’OLUCOME l’APRODH, et compagnie ; mais c’est aussi mon petit blog et la petite ONG de ma mère avec son programme d’enseignement à la santé reproductive via SMS (Publicité! Mbuza! 😜 )

Ceci expliquerait pourquoi un de mes amis (que je respecte beaucoup pour sa capacité intellectuelle et sa sagesse) me parlait du rôle primordial de la société civile et utilisant les termes “watch dog de l’action gouvernemental”… un avis que j’ai retrouvé dans plusieurs réactions à l’endroit du texte de Roland, telles que celle-ci:

“Le rôle de la société civile dépend du contexte politique dans lequel elle est contrainte d’évoluer. Au Burundi, la société civile doit jouer son rôle de promotion des droits du citoyen mais aussi son rôle de contrôler et de critiquer objectivement toutes les actions du gouvernement qui violent les principes de bonne gouvernance et la constitution du Burundi.” (Maître Pacelli Ndikumana sur bujanews.wordpress.com)

Mots clés: “toutes les actions du gouvernement”.
Sasa none, qui est ‘ce qui contrôle (et critique) les actions de l’opposition? Je veux bien accepter que les Pacifique, les Mbonimpa (et tous ces autres qu’on entend parler à la radio chaque fois qu’il y’a quelque chose qui ne vas pas) soient focalisés sur l’action gouvernemental, mais il faut bien qu’il y’ait quelqu’un qui critique l’opposition, non? Canke bo ni abamalayika ntibakorwako? #NdabazaGusa
Ces gens qui critiquent l’opposition, (atari “aba DD”) barabaho? Si oui, sont-ils reconnus comme faisant parti de la “société civile” canke ni bamwe duca twita “ba nyakuri”? Quel crédit leur donnons-nous? Bahora baronka akaryo ko kuvugira ku ma radiyo et autres médias tukabumviriza objectivement, sans les traiter de vendus du pouvoir? #NdangiraDémocratie… Aha je me pose aussi ces questions!

Rappelez-vous, je ne suis pas ici pour prendre parti; non plus pour négliger ou discréditer tout ce qu’ont déjà fait les différents acteurs de la “société civile” (telle que définie/comprise au Burundi) pour défendre les libertés fondamentales et la démocratie. Loin de là! En empruntant les mots de Roland dans sa réponse à Maître Pacelli, “je ne conteste aucunement les avancés sociétales et l’évolution de la capacité critique qu’ont les citoyens burundais de l’action gouvernementale grâce à la société civile. Qui peut nier que des vies sont sauvées grâce à nos activistes des droits humains? Qui peut nier que la bonne gestion du bien commun soit de plus en plus prise en compte dans l’action publique au Burundi, même si le chemin à faire est encore long, très long?”

Ntanumwe yahakanye ko la “société civile” a fait (et continuera, je l’espère) des merveilles. Imaginez le nombre de jours que ça nous aurait pris de lire son texte iyo Roland abishiramwo vyose, dans le souci de balancer l’histoire. Je crois que sa critique s’adressait plutôt à leur silence, ou disons à leur cri “moins fort”, face aux actions pas toujours “catholiques” de l’opposition.
Ceci nous ramène à ma question du jour: c’est quoi la “société civile” et quel est son rôle au Burundi? Si les acteurs que nous connaissons confirment qu’ils ne s’intéressent qu’à l’action gouvernementale, ibibazo vyanje bizoba vyishuwe… bon, presque: nca mbaza nti abaraba opposition nabo barihe?

Ariko s’ils sont vraiment “neutres” nk’uko babivuga, nibareke ama susceptibilités, et qu’ils apprécient les critiques de Roland qui ne font que pointer du doigt le flou autour du domaine de définition de notre chère “société civile”. Sivyo none?

Bon, je dois quand-même admettre qu’il y est allé un peu fort par endroits… canke ni kirya gifaransa gihanitse yandikamwo gituma umuntu yibaza ko ariko aratukana? Hah!

Anyway, abo muri “société civile”, mujejwe iki exactement? #MumfasheGutahura

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16 thoughts on “C’est quoi la société civile?

  1. Tu viens de nous dire que la societe civile, c’est aussi ton petit blog…donc, il faut ko wishura ta propre question: none wewe ujejwe iki?

    Au fond, la response generale a ta question se trouve dans cette parfaite definition de la societe civile (de toupie.org) que tu nous partages. Noneho wabaye mwarimu. Usa n’uwubaza ivyuzi.

    Le reste ressemble a du bruit qui est sciemment entretenu.

  2. Mes excuses pour n’avoir pas ete clair. Par le “reste”, je ne me refere pas a ton texte ou a la ka ONG ka mama wawe (cute!). Du tout. Je voulais dire certaines interventions sur le net depuis un certain temps dont le but n’est pas trop difficile a imaginer.

    La reponse specifique dependra de l’association de la SC dont tu parles. Si il s’agit d’un syndicat des enseignants, son role pourrait etre de defendre l’interet des enseignants, une association des domestiques pourrait se pencher sur la promotion des droits des domestiques, une association pour le monitoring electoral travaillera principalement sur les elections, une associaiton sur l’evolution des mentalites..travaillera sur l’evolution des mentalites (cela, je me dis touche plusieurs domaines), une association sur le developpement touchera aussi plusieurs domaines. Mais aussi, toutes ces differentes associations peuvent travailler en synergie sur des questions qu’elles trouvent impactent toutes leurs spheres d’action.

    Tres facile a comprendre, non?

    • Lol, ivyo ndavyumva! What I meant was, what’s your take on the “watchdogs” (i.e. FOCODE que tu connais si bien)? Spécialité yabo ni action gouvernementale gusa canke is it right to request them to look at the opposition as well?

  3. The civil society includes a lot of different categories for the betterment of a well functioning society. As you said, this includes your blog or your mom’s NGO.
    So tell us, did your mother fail in her capacity as a member of the civil society by not vigorously condemning MSD on March 8th of this year?
    Of course not. That’s not who Rugero and the rest are talking about when they speak of the ” civil society”.

    Obviously , Roland et consorts are targeting a very specific group ( and individuals ) within the civil society:
    The ones that constantly ask questions and demand answers from the government i.e Human rights groups, free press groups, anti corruption groups.
    They whine that those groups do not ask the same questions to the opposition . For what ?!
    Does the opposition have the power to arbitrarily imprison people or use the judiciary to give out whatever sentences they feel like?
    Does the opposition have the power to forbid the press to do anything ?
    Does the opposition have the power to refuse people to peacefully manifest or gather?
    Does the opposition have the power to use public funds in corruption matters ?
    It make no sense to ask or demand answers from an opposition that has no power whatsoever in bettering or worsening the living conditions of the Burundian people . You can condemn political opposition parties if they are inciting violence or tribal hatred but unless I’ve completely missed it, I have not heard a political leader make explicit calls as such.
    There are no answers to ask of them because they aren’t controlling anything.
    And until we have proof or evidence that those political parties are indeed involved in violent shenanigans , how can the civil society preemptively condemn them ??

    The Mbonimpa and Pacifiques and Rufyiri are only being targeted by Nyamitwe and consort because they are the only group left in Burundi that the government can’t muzzle. They don’t pay their salaries, they can’t tell them not to meet their supporters the way they do for all the other political parties , they can’t Nyakurizé them and they can’t tell the population not to talk to them about their grievances .
    The civil society is a watchdog yes.
    For those who can abuse their power over the masses.

    Roland is a smart writer but that piece he wrote , while raising some good points, made :
    1) an absurd and irresponsible unrelated correlation between what the civil society says when questioning the government about its practices and young people taking up arms ( Xcuse my french but wtf?)

    2) false equivalency between the government and an opposition so weak, it really isn’t part of the conversation anymore. They are not the same at all in terms of responsibility to their citizens.

    I like Rugero so I will not be cynical and try to claim his intentions when writing that article but it was very disappointing, especially concerning a very grave affair like Cibitoke.

    And you Karl, need way more discernment when reading such pieces. It’s not the first time I’ve seen you react to something in a way that makes me (and probably others) wonder ” il le fait exprès la ou il est vraiment aveugle/naïf á ce point?!”

    Cheers.

    • Hehehe, ce n’est pas la première fois qu’on m’accuse de naïveté. Je peux aussi être un peu utopiste. Ni naco gituma ata ma analyses mare mare de la situation nagiyemwo, nkongera nkavuga ko “uwufise umutwe muto awurinda uruguma”. Je me connais :).

      I agree with most of the things you said here, but I have one extra question: what about the opposition’s psychological power over the people? Isn’t that harmful as well, or can’t it be used to mislead? Here I’m trying to look beyond the “corruption”, “limitation of civil rights”, and the usual obvious ills that may be indirectly contributing to the bad leadership our country has been experiencing for some time now.

      Oh and one last important thing. I realised that while most people were reading the role of the société civile in the cibitoke events, I read the flaws of the société civile in general.

      • That last point you made is actually what made the difference for me in terms of my feelings towards Roland’s article.

        If he had wanted to do an intellectual exercise about the strengths/weaknesses ( heck even only weaknesses) and role of the civil society , I would have not cared at all and maybe even agreed with him on some points.
        He could have aired all his grievances against the civil society in general and I wouldn’t have batted an eye.

        But he wrote it in the context of Cibitoke. I mean, based on his title alone , I thought we were finally going to learn the identities of who was behind the attack!
        But he ( and you somewhat agree with this misguided reasoning) went in deep with the premise of ” see ?!? the chickens have come to roost. All the meeaaaannn stuff the civil society has been saying against the country has made people go muri maquis!”

        That was a serious charge. And unfounded. Like when a kid shoots up a school in the West and some parents blame violent video games. Weren’t all his friends playing those games with him? Why didn’t they do that too?
        Like:
        Aren’t you and me listening to the same speeches from the civil society/opposition? Has anything they’ve ever said made you think of taking up arms??

        He’s making a liaison where there should be none.

  4. Ooh, j’apprécie l’article de notre jeune compatriote Karl- Kris pour la simplicité de son article, l’impartialité et surtout la personnalisation du texte. En tout cas son article diffère de ceux des Roland Rugero ou de Pacelli Ndikumana dont les articles sont pleins d’arrogance, d’ignorance et des “M’as-tu vus”.

    Seulement cher Kris, je trouve que vous avez une ressemble avec votre ami Roland Rugero: Vous idéalisez trop le role de la société civile dans le contexte burundais. Je sais que vous etes encore jeune, mais évitez de tomber dans le piège des théories.
    Muribinobihebitoroshe, on doit viser sur la bonne ou mauvaise foi.

    La société civile Burundaise, qui est aussi le modèle pour les autres peuples africains n’en déplaisent à certains, est victime du manque de leadership éclairé et responsable.
    Kris, quand tu exigent que la société civile apprécie certains bons actes du pouvoir dd (qui sont vraiment très rares), penses-tu qu’elle ne le fait pas? C’est Pacifique Nininahazwe qui a sorti à Génève un discours auprès des baillers, lequel discours a laissé les représentants du gouvernement agréablement surpris?

    C’est pas le président du PARCEM qui parle toujours des points positifs du Burundi dans le rapport doing business? Chose que le ministre des finances ne peut pas justifier, certains affirment que c’est pour incompétence mais moi je dis “laissez notre docteur tranquille!”.

    @Karl Chris: Puisque je trouve que vouz etes bcp plus analyste que littéraire chevrauné, quand est-ce que vous nous ferez une analyse détaillée sur ce que doit ou devrait etre le role du parlement au Burundi?

    • Premièrement, merci pour cette appréciation, naho nibaza ko ntaragera ku gwego rwo kuba umu “analyste”. Ubu ndacabaza ibibazo to help me understand many things.

      Hama rero, I do realise that yes I may have a tendency to be idealist (in many things actually, sigh) ariko ngira ni kubera I feel like there is no other way out of our situation. Let me explain myself.

      I don’t trust my government and I don’t trust the current opposition either. But I still have hope in our “société civile”. It may not show but I really do appreciate the work of Pacifique (et son frère Thierry) na Rufyiri particulièrement. Ugukara kwanje (na Roland peut-être) va dans le sens ya “qui aime bien châtie bien”. I believe they can do better and I’m asking them to! Nawe warabonye ko they lack clear and responsible leadership. If they don’t get their act together, they may get CNDD-FDD out, but it doesn’t guarantee that better folks will replace them. Nico gituma nibaza ko bakwiye gukarira les deux côtés. This justifies my “aggressiveness” and my utopian demands.

  5. si ufise ikibazo kubera atabariho bagira critique kuri opposition il ya PISC qui le fait toujours!
    Sinon s’il faut défendre les droits d’homme ou promouvoir la la bonne Gouvernance il est du devoir de dénoncer des cas de violations des droits de l’homme et des crimes économiques!.

  6. Opinion…..
    Une semaine va bientôt s’écouler après qu’un débat houleux sur le rôle de la société civile ait émergé sur Iwacu et puis après, sur la plupart des réseaux sociaux-
    Apres mure lecture des commentaires des uns et des autres, en tant que citoyen ordinaire interpellé par la pertinence du débat actuel, j’ai décidé de diagnostiquer les faits dans la stricte objectivité possible tout en me basant sur mes connaissances et recherches sur le rôle de la société civile dans une société démocratique.
    Commençons par la définition de la société civile…….
    Je définirai la société civile simplement comme un corps social à caractère non gouvernemental (doit d’être autonome), opposé à la classe politique (pouvoir ou opposition) et dont l’objectif est d’être en partenariat avec le pouvoir en apportant des critiques constructives comme « watchdog » vis-à-vis des actions gouvernementales mais sans intentions politiques (à l’opposé de l’opposition).
    Mais au fond, tout le débat et les grandes divergences tournent réellement autour de trois questions importantes que soulèvent certains et qui irritent d’autres.
    Analysons les (3) Trois principales « fautes » attribuées à cette fameuse société civile burundaise:
    1. « Ukudashima ibikorwa vya Leta» : Pourquoi la société civile n’arrive jamais à reconnaitre au moins les quelques cas concrets de réussite du système DD : Vital du FORSC devrait au moins reconnaitre que l’enrôlement des électeurs s’est bien déroulé en général et sans violence physique entre mandataires politiques, Pacifique du FOCODE devrait médiatiser la rapide construction de milliers d’écoles en milieu rural et soutenir ouvertement le projet de l’école fondamentale même en cas de nombreuses d’imperfections, Faustin du PARCEM devrait prendre congé de son moto de vouloir changer les mentalités et se réjouir ne fut ce qu’une fois de la mentalité gouvernementale actuelle en louant par exemple les avantages des travaux communautaires, Mbonimpa et Kazoviyo devraient naviguer un peu vers le refrain de « turazi iyo twavuye » en affirmant haut et fort que les droits de l’homme sous Bagaza ou Micombero étaient plus bafoués et qu’ils se sont nettement améliorés sous le président fondateur Nkurunziza, CAFOB devrait au moins chanter les avantages des soins de santé accordés aux mères enceintes et enfants de moins de 5 ans, Rufyiri de l’Olucome devrait tout de même louer sur RPA la timide 4.5% de croissance économique du pays, et j’en passe (oops, je vais hélas m’en arrêter là par manque de matière…)

    A tout ce monde qui se retrouve dans cette logique, j’ai vraiment envie de vous dire : Vous avez encore du pain sur la planche, en termes de compréhension du rôle de la société civile !

    Partout au monde, dans les sociétés démocratiques, la société civile a pour rôle de CRITIQUER, oui vous avez bien lu ! De CRITIQUER mais d’une façon constructive bien sûr ! En effet, dans toutes les recherches, publications, thèses d’auteurs, penseurs ou spécialistes en droit, TOUS s’accordent sur une chose : la société civile joue le fameux rôle de « WATCHDOG ». Watchdog qui est parfois traduit en français comme « chien de garde ». Si on interroge « Google Images » ou tout artiste dessinateur de nous reproduire ce qu’est un « watchdog » au vrai sens du mot, je serai surpris qu’on ait une image de chien « mujeri » ou encore de la Mère Theresa faisant des éloges et des chants de louange envers une assemblée timide, souriante et accueillante.
    Passons ! Pour mieux comprendre, essayons-nous a la métaphore et Comparons cette société civile a une sirène anti-incendie de ta maison, le rôle de la sirène anti-incendie est de crier haut et fort (un bruit qui dérange, qui agace, qui vous énervera même et vous fera peur, mais qui vous aidera à la longue à…. VOUS AMELIORER et à contourner le pire, à éviter le même scenario de commettre l’erreur fatale, et à la fin à vous rendre meilleur, chers messieurs/dames.

    Le rôle de ladite sirène (société civile) n’est pas hélas de vous produire un extrait classique de Mozart ou de Michel Sardou en l’absence de fumée, lors des pluies torrentielles ou de vous dérouler l’extrait de votre chanson préférée le jour de votre promotion au travail. La métaphore de la sirène s’appliquerait aussi à ces indicateurs rouges sur le tableau de bord de nos voitures. En d’autres mots, chers messieurs du gouvernement, si vous arrivez à faire des choses extraordinaires, c’est bien mais ce n’est pas sorcier, après tout c’est bel et bien votre cahier de charges !! C’est pour ça que j’ai fait une longue file d’attente le jour de l’élection en 2010 pour voter ton programme, n’attendez pas Pacifique ou Mbonimpa pour organiser une interview et lancer des chants de louange grâce à une tôle posée sur une école fondamentale un certain Samedi. C’est bien mais j’ai envie de dire c’est normal, ils peuvent le faire ou pas ! C’est comme si désormais nous autres employés, on exigeait qu’on nous dise « merci d’être venus» à chaque fois qu’on arrive au travail à 7h30… Franchement ! C’est pour cela qu’on est là et qu’on s’appelle « Government Official »
    Ce n’est pas les dirigeants du G8 qui me contrediront ! eux qui sont tellement agacés par la très respectée organisation mondiale Greenpeace qui agit comme Société civile et qui, a chaque réunion des leaders du monde, leur donne de sales quarts d’heure de manifestations embarrassantes pour protester contre leurs décisions de destruction de la couche d’ozone, malgré les nombreux efforts louables de certains membres du G8 a protéger jalousement l’environnement.
    Bref, la mission principale de la Société civile est d’être partenaire du gouvernement en faisant une CRITIQUE constructive ! Et non des éloges constructifs ! La société civile n’est pas une agence de communication marketing non plus vos nombreux conseillers en communication, les medias publics et la chorale de porte-paroles, à qui vous confiez la noble mission de faire un tapage pro-gouvernemental ! Get used to it !

    2. « Ukwita muvya politike » : ceci est tout à fait normal et comme dirait l’autre la démocratie est un système ou tout le monde a un mot sur tout. Devinez l’étymologie (origine du mot) de « société civile » ? « Koinonia politike » signifiant littéralement « la communauté politique », plus tard traduit en latin en « societas civilis » par Cicéron qui essayait de définir l’unité politique de la Cité.

    Les officiels ont toujours tendance à dire : « umwe wese nakore ibimuraba » quelle utopie ! Mais j’ai envie de dire « Twese biraturaba » « Société civile vyose birayiraba » spécialement quand notre interlocuteur fonctionne grâce à nos taxes et impôts impitoyablement collectés par le fameux OBR et l’administration locale.

    Autre chose que la plupart des gens ignorent : C’est qu’ en plus de la politique des droits de l’homme, et de la bonne gouvernance, les organisations de la société civile burundaise comme OLUCOME, PISC, PARCEM, FORSC et FOCODE s’impliquent beaucoup dans le commerce local, l’éducation, les actions communautaires et même l’entrepreneuriat social. Hélas, ce qui fait plus de bruit dans un pays ou la politique et les élections, se taillent la part du lion dans les cerveaux de la plupart de Burundais, c’est quand Pacifique ose dire non au 3e mandat ou quand Mbonimpa dénonce les exécutions extra-judiciaires. Sachez que ces deux messieurs ont souvent d’autres chats à fouetter, autre que la politique. Hélas vous ne retiendrez que ce qui vous intéresse ou encore ce qui vous dérange/vous fait peur, les psychologues l’appellent « un stereotype » (en psychologie sociale, un stéréotype est une représentation caricaturale figée, une idée reçue, une opinion toute faite acceptée et véhiculée sans réflexion, concernant un groupe humain ou une classe sociale.)

    3. Ukudatyoza na rimwe (ugushigikira) opposition/ Uguhengamira (ukutaba neutre):
    Mais qu’est-ce que vous voulez que la SC demande à cette opposition qui au fond n’a réellement pas de compte à rendre à personne ? Faites preuve de maturité politique. Si tu es élu, attends-toi au fameux binôme classique dans toute ascension ! Un droit et un privilège (d’être élu, d’être appelé chef, de jouir de nos taxes) ira toujours de pair avec un devoir (une responsabilité, une redevabilité, un exercice difficile, celui de rendre des comptes et de prendre le taureau par les cornes) ! C’est ça !

    Ne t’attend donc pas à ce que la Pacifique s’attaque à Chauvineau ou encore un simple citoyen comme moi, lorsqu’il y a des crimes de guerre ou apparition d’une rébellion à Cibitoke !

    Ensuite, sur le même point, c’est tout à fait normal que certains ont tendance à confondre le langage de Pacifique, de Vital, de Rufyiri à celui de Léonce, Rwasa, Sinduhije ou encore Nditije. Parce que comme disent les mathématiciens, ils ont tous un « dénominateur commun » : celui de CRITIQUER le pouvoir en place. Mais la seule divergence réside dans l’intention, dans l’objectif ultime : pour la Société Civile, le « outcome » final est celui de continuer à critiquer constructivement, de permettre aux citoyens d’exercer leurs droits, de maintenir une culture de démocratie qui favorise l’alternance et des différences d’opinons (valeurs tant respectées par les occidentaux- Par exemple, la société civile en Allemagne mobilise souvent des foules dans la rue pour dire « NON » a cette opposition radicale xénophobe, qui veut toujours en découdre et en finir avec les immigrés noirs ou musulmans.) tandis que chez le politicien de l’opposition, son rôle est de simplement remplacer ce parti au pouvoir, lors des prochaines élections, pur et simple !
    Et a ceux qui préfèrent toujours mon simple exemple de « alarme anti-incendie », je dirai aux sympathisants du pouvoir actuel, de vous rappeler que la même sirène (société civile) continuera toujours à faire du bruit dérangeant même lorsque « votre concurrent ou ennemi juré» (ADC Ikibiri ou Rwasa) sera le prochain (co)locataire/responsable de la maison (Burundi). Encore une fois, Get used to it !
    D’ailleurs kudos aux académiciens rundi, je trouve la traduction rundi du mot « société civile » plus qu’explicite : « amashirahamwe adaharanira ivyicaro vya politike »

    En conclusion, Notez qu’ici je ne m’attaque a personne, a tout ce monde qui se sentira visé, a ceux qui attendent que la Société Civile soit neutre comme de l’eau limpide, inodore, incolore, sans taches, a ceux qui militent pour que la société civile agisse comme l’ institution de l’ombudsman ou l’Eglise catholique, a ceux qui rêvent d’une société civile qui passerait des heures à souffler le chaud et le froid sans trancher, à accompagner les critiques contre DD par des critiques contre ADC-Ikibiri, histoire d’être neutre, ou pire a ceux qui rêvent d’une société civile faible, franchement #NibaguhePrix !
    La société civile n’est pas neutre ! Elle ne devait pas l’être ! Se doit d’ailleurs d’être penchée pour avoir une situation neutre au niveau macro! C’est du vrai oxymore je sais..! Comprendra qui voudra…
    Signé- Un citoyen anonyme ordinaire dont les écrits te plairont ou te déplairont, et/mais dont le fond de ses écrits te suivront au fin fond de ta réalité. 
    PS : A tous ces blogueurs qui sont sur la défensive et affirment qu’en démocratie il est tout à fait normal qu’ils remettent en cause cette fameuse société civile, c’est bien, c’est même à encourager étant en démocratie de critiquer du tout et du rien!
    Mais s’il vous plait d’emblée, faites-le dans un contexte diffèrent de #Cibitoke, et pitié faites-le sous un autre titre autre que « comment ils (la société civile incluse) nous « fabriquent » des assaillants-

    Un citoyen « penché »  dont le fond compte plus que la forme !
    Gir amahoro !
    “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire” Voltaire

    • Une petite suggestion: créer un blog. C’est plus pratique pour partager vos écrits en une seule fois, et aussi plus visible :). Et créer un blog est hyper facile, surtout avec wordpress! (Un blog anonyme, c’est aussi possible 🙂 )
      Sinon merci pour cette contribution!

  7. Olla here:)..pour commencer i agree kuvyo Kris yavuz muga rro toutes ls définitions sur c k la société civile mubisanzw n prennen sens k ds une société democratik(un minimum est requis un parti o pouvoir et une opposition vyose vyemewe namategeko )nibaza k l context politik yiburundi iri particulier.je m’explik ds dotr pays il y’a un parti o pouvoir et ds partis d l’opposition biri bien établis o parlement donc des projets d lois venant soit du gouvernement soit d lopposition..et c’est la k l role de la société civile prend tout son sens,du moins sa fonction d’arbitr celle ki cherche ineza yabanyagihugu o delà ds intérêts politik et des jeux d pouvoir…muga on s’entend k’on peut etr arbitre k si il y’a 2 partis clairement établis..muga dusubiy inyuma on s rend compt k iburundi higeze kuba une période ou l parti o pouvoir yari yonyen o parlemen en dotr mot iyo “opposition”nta cadre formel ds lequel sexprimer yar ifise pire presk tous ls partis d lopposition faisaient face a des divisions internes..la société civile a du être en mm tps parti et arbitre..l truc c pas tant c koi le rôle d la société civile ? ahubwo c kl société civile k nous avons iwacu? I believe k société civile yiburundi ari en mm tps société civile et opposition en fait ils n’ont pas eu l choix a un moment ils ont été obligé d faire les deux nta opposition ifashe ihari nabahari ils n sont pas reconnus namategeko (ds ce cas it’s more than logical ko batokwicritika)..ds l meilleur des mondes on aurait voulu k notre société civile soit neutre muga c pas l cas ils ont du s’adapter o réalités du terr1 et forcément ça change la donne:)..so yeah i don’t even know if i was answering to ur question..i guess ko kwari gushikiriza iciyumviro

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